14 Février 2026
Eglise, puis mosquée, puis musée, et à nouveau mosquée depuis 2020, Sainte-Sophie a une bien longue histoire. Elle n’est pas dédiée à une sainte, mais à la Sagesse Divine (Hagia Sophia, en grec).
Sur son site existait une église commandée par l’Empereur Constantin en 325, probablement sur les ruines d’un ancien temple grec. Elle est incendiée lors d’une émeute. Reconstruite, elle subit le même sort en 532. Immédiatement, l’Empereur Justinien décide sa reconstruction, plus belle, plus grande. Le dessin est inspiré du Panthéon de Rome et de l’art chrétien primitif, un style qui va se développer et que l’on va connaître sous le nom de « byzantin ». L’Empereur fait venir les plus beaux matériaux de tout l’Empire. Endommagée par un tremblement de terre, elle est restaurée en 562 ; c’est là qu’elle acquiert son aspect définitif. Séismes, incendies, se succèdent, elle est chaque fois réparée.
Après la prise de Constantinople par les Ottomans, elle devient mosquée ; mais son architecture est préservée, car Mehmed II la trouve splendide. Il la fait nettoyer et rénover. On y ajoute quelques caractéristiques musulmanes, tels que des minarets, des fontaines, une médersa...
En 1919, l’Empire ottoman est démantelé, la République de Turquie naît. Sainte-Sophie est tranformée en musée en 1934. Au fil du temps, les nombreux séismes et la pollution ont beaucoup dégradé l’ensemble.
En 2020, la Cour suprême de Turquie lui redonne son rôle de mosquée. La communauté internationale s’en émeut. En 2022, le comité du Patrimoine mondial de l'Unesco demande à la Turquie de présenter un rapport sur l'état de conservation de la basilique, se disant très préoccupé par son état de conservation. Elle peut se visiter mais dans le strict respect du code vestimentaire islamique et de l’esprit saint du lieu. Certaines mosaïques chrétiennes sont aujourd’hui masquées.