3 Décembre 2025
Le Renouveau colonial espagnol — Spanish Colonial Revival — apparaît aux États-Unis. Il s’inspire de l’architecture coloniale espagnole présente autrefois en Californie, au Nouveau-Mexique ou en Floride, mais il la réinterprète dans un esprit romantique et pittoresque, nourri par le goût croissant pour l’identité régionale américaine. Ce mouvement prend véritablement son essor lors de l’Exposition Panama-California de 1915 à San Diego, qui en révèle tout le potentiel esthétique.
Le contexte est celui d’un Sud-Ouest en plein essor, fier de son passé hispanique et désireux d’affirmer une identité architecturale propre, à l’opposé de l’uniformité industrielle. Le style séduit rapidement, touchant l’habitat privé, les hôtels, les missions restaurées, mais aussi des bâtiments publics et universitaires, notamment en Californie du Sud.
Ses caractéristiques sont immédiatement reconnaissables : murs en stuc blanc ou crème, toits en tuiles rouges, patios ombragés, arcades élégantes, fenêtres profondes et fer forgé ornemental. On retrouve également des tours inspirées des missions, des portails sculptés, des azulejos colorés et une atmosphère chaleureuse qui évoque la Méditerranée. L’usage de jardins intérieurs, de cours et d’espaces semi-ouverts traduit une adaptation sensible au climat.
Ce style associe une simplicité rustique à des touches baroques héritées de l’Espagne et du Mexique. Il crée des ensembles harmonieux, lumineux, propices à la vie quotidienne et parfaitement intégrés à leur environnement. Aujourd’hui encore, il demeure l’une des signatures architecturales les plus emblématiques du Sud-Ouest américain et contribue fortement à son identité visuelle.
On retrouve ce style aussi en Amérique du Sud.