14 Mai 2026
Elle se trouve au cœur du Buckinghamshire. À l’origine simple ferme du début du XVIIᵉ siècle, la maison est achetée en 1873 par le baron Mayer de Rothschild, qui l’offre à son neveu Leopold. Celui-ci entreprend de transformer ce bâtiment rural en résidence de campagne élégante et confortable, loin du faste plus spectaculaire des autres demeures familiales, mais plutôt dans l’esprit du siècle qui l’a vue naître.
Pour mener ce projet, Leopold fait appel à l’architecte George Devey, figure importante du mouvement pittoresque anglais et précurseur de l’Arts and Crafts. Devey agrandit progressivement la maison en lui donnant l’apparence d’un édifice ayant évolué naturellement au fil des siècles (majoritairement Tudor, puis jacobéen, puis tradition anglaise). Le résultat est un ensemble irrégulier et très vivant, composé de pignons multiples, de hautes cheminées, de façades à colombages et de toits de tuiles rouges.
Contrairement aux grands châteaux néo-Renaissance ou d’inspiration française construits par les Rothschild, Ascott privilégie une atmosphère intime et presque rustique. Cette apparente simplicité est pourtant très étudiée : les volumes asymétriques, les grandes baies vitrées ouvertes sur les collines des Chilterns et les détails de charpente créent un charme romantique typiquement anglais.
Au XXᵉ siècle, Anthony de Rothschild et son épouse Yvonne modernisent l’intérieur en supprimant une partie des aménagements victoriens trop sombres au profit d’espaces plus lumineux et épurés. Aujourd’hui, la demeure conserve d’importantes collections d’art, de mobilier et de porcelaines, tandis que ses jardins paysagers comptent parmi les plus raffinés du Buckinghamshire.