26 Février 2026
À une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Mexico s’étend l’un des plus impressionnants sites archéologiques du continent américain : Teotihuacan. Son nom, donné plus tard par les Aztèques, signifie « le lieu où les dieux sont nés », preuve de l’aura sacrée qui entourait déjà ses ruines à l’époque préhispanique.
La ville est fondée vers 100 av. J.-C. et connaît son apogée entre le IIIᵉ et le VIᵉ siècle de notre ère. À son sommet, elle aurait abrité plus de 100.000 habitants, faisant d’elle l’une des plus grandes métropoles du monde antique. Fait remarquable, nous ignorons encore le nom que ses habitants lui donnaient et quelle langue ils parlaient exactement...
L’urbanisme de Teotihuacan impressionne par sa rigueur. La vaste Allée des Morts, axe principal orienté nord-sud, structure la cité sur plus de deux kilomètres. Elle relie les monuments majeurs : au nord, la monumentale Pyramide de la Lune ; au centre, la Pyramide du Soleil, l’une des plus grandes pyramides jamais construites dans le Nouveau Monde, édifiée vers 200 apr. J.-C. ; au sud, la Citadelle et le temple du Serpent à plumes, orné de têtes sculptées associées à la divinité que les Aztèques appelleront plus tard Quetzalcóatl.
Construits en pierre volcanique recouverte de stuc peint, ces édifices étaient à l’origine vivement colorés. La ville se composait également de vastes ensembles résidentiels organisés autour de patios, décorés de fresques aux motifs symboliques et religieux.
Vers le VIIᵉ siècle, Teotihuacan décline brutalement : incendies, troubles internes ou pressions extérieures sont évoqués, sans certitude absolue. Lorsque les Aztèques découvrent ses ruines, des siècles plus tard, ils y voient l’œuvre d’une civilisation mythique.
Le site demeure aujourd’hui l’un des témoignages les plus puissants de l’ingéniosité urbaine et spirituelle des civilisations mésoaméricaines. Devant ses pyramides massives et son plan géométrique presque abstrait, le visiteur ressent encore la grandeur silencieuse d’une ville qui fut, jadis, un centre politique, religieux et culturel majeur.