20 Février 2026
À deux pas de la cathédrale de Duomo de Florence, le Palazzo Medici Riccardi se dresse comme une forteresse tranquille au cœur de la ville. Rien d’ostentatoire pourtant : c’est justement ce mélange de puissance et de retenue qui en fait l’un des premiers chefs-d’œuvre de la Renaissance civile.
En 1444, Cosme l'Ancien décide d’offrir à sa famille une résidence à la mesure de son influence. L’architecte choisi est Michelozzo. Il écarte un projet jugé trop fastueux de Filippo Brunelleschi : les Médicis veulent affirmer leur pouvoir sans provoquer la jalousie républicaine.
La façade traduit parfaitement cette intention. Au rez-de-chaussée, de lourds blocs de pierre rustiquée donnent une impression de solidité presque médiévale. Puis, étage après étage, la pierre s’adoucit, les lignes deviennent plus régulières, jusqu’à la grande corniche qui couronne l’édifice. Tout est calculé pour suggérer l’ordre, la stabilité et l’harmonie — des valeurs nouvelles inspirées de l’Antiquité romaine.
À l’intérieur, le palais s’organise autour d’une cour élégante à arcades, véritable cœur lumineux de la demeure. C’est là que bat la vie quotidienne, politique et intellectuelle. Car le palais n’est pas seulement une maison : il devient le centre du pouvoir florentin sous Laurent le Magnifique. Humanistes, artistes et diplomates y défilent.
Au XVIIᵉ siècle, la famille Riccardi rachète le palais et l’agrandit. Elle y ajoute une galerie baroque spectaculaire, ornée de fresques de Luca Giordano, contrastant avec la sobriété originelle.